Un voyage parmi d'autres.

Le 27 juin 2007 - Bienvenue à bord!

On ne perçoit pas toujours très clairement la façon de rédiger les premières lignes d'un blog. Ce sont pourtant les plus importantes, mais peu importe, l'essentiel étant de partager ce bout de voyage avec vous. Il sera un peu le vôtre. Celui que vous pourriez réaliser si un jour, fatigué de trop rêver, vous décidez de partir voir ce qui se cache au-delà des horizons. Rien d'insurmontable puisque ce type de projet n'apporte plus aujourd'hui les mêmes motivations et conditions de navigation qu'autrefois. Embarquez!

Mouillage sur la Guadiana au sud du Portugal

Nous sommes deux. Moi et Australis ; un catamaran de treize mètres pour treize mille heures de construction, treize années de complicité, de coup de marteau, de scie, de collage, de découragement et de sueur.

C'est donc parti pour une balade. La balade du sourd qui pointera l'étrave de son voilier en votre compagnie vers des contrées au ciel moins gris, si possible en douceur, sans coup de vent ni trop de calme. Pas de records ni de monstres marins ou de pirates à chaque ligne. Bon, parfois une p'tite pincée de tempête pas trop salée, seulement pour réveiller les morts. Toutefois, ne disposant d'aucun pouvoir sur les puissances divines, je ne promets rien et préfère laisser ce privilège aux mains de ceux qui s'appellent Dieu.

Les amateurs de fait divers me pardonneront, mais ils ne trouveront pas leur compte ici. Je les invite à acheter les magazines spécialisés de la plaisance (il n'est pas si rare d'y couler un bateau à chaque page), de suivre en temps réel les péripéties de la « Route du Rhum », du Vendée Globe ou autres événements largement médiatisés, en cherchant les voiles au milieu des publicités et noms de sponsors. Qu'il est doux de sentir glisser sur le visage les embruns et humer l'air du grand large devant le petit écran télé ! On se prendrait presque pour des Tabarly ou Chichester.

Actuellement, Australis se repose au mouillage; un écrin de verdure dans une réserve naturelle au sud du Portugal. Je le bichonne, je le cajole avant le départ prévu début septembre. C'est déjà tard pour la saison même si le premier galop nous conduira aux îles Canaries situées à quelques centaines de miles nautiques. Un saut de puce avant de descendre plein Sud afin d'accrocher les alizés et faire un pied de nez au cortège de dépression de l'Atlantique Nord que vous appréciez tant.

Mon contrat avec vous se limite à effectuer les mises à jour le plus régulièrement possible et réagir à vos messages.

Pour sceller ce pacte entre vous et mon enthousiasme débordant, me voici occupé à déjà pianoter sur mon clavier. Cependant, ne tirez pas sur le pianiste (de toute manière, il n'entendra rien puisqu'il est sourd) si de temps à autre, les nouvelles toutes fraîches, ruisselantes d'exotisme et d'imprévus, ne vous parviennent pas. La navigation est une école de patience et d'imprévus. Un peu d'indulgence également si les photos n'apparaissent pas encore, mais je dois avouer que les blogs et moi, c'est comme chiens et chats.

Un dernier point : ne me demandez pas aujourd'hui les destinations. Le programme ne devrait pas néanmoins s'écarter du petit tour de l'Atlantique par le chemin des écoliers... Un classique du genre aujourd'hui. Quand je vous disais au début que je ne cherchais pas l'exploit ou l'originalité !