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L'Atlantique.Le 19 novembre 2007 - Ce n’est pas la mer à boire !De cette énième traversée, il n’y a que peu de choses à retenir tant elle fut paisible comparée à d’autres au cours desquelles Éole, Poséidon et AUSTRALIS ne parvenaient jamais à accorder leurs violons.
Côté rencontres ou curiosités locales : Rien ! Un désert d’eau. Une paire de souliers, une armoire ballottée par la houle, quelques bouteilles en plastique dérivant dans un milieu définitivement marqué par la présence de l’homme, la chaleur étouffante, l’humidité latente et les orages de la ZCIT pourraient résumer la poignée de souvenirs que je conserverai. La ZCIT ??? Mais que signifie ce charabia ? La ZCIT, la zone de convergence intertropicale ou encore « le pot au noir », la misère du marin… Derrière ce jargon hautement poétique se cache une des calamités du navigateur. Il y a dans cette région, comprise grosso modo entre l’équateur et le parallèle 5 ou 6 degrés Nord selon les périodes de l’année, un sentiment d’étrangeté, de nulle part, quelque chose d’intemporel. Pourtant, loin des hommes, on pénètre dans un lieu exceptionnel. Le vent n’existe plus ou si peu que le bateau glisse, semble flotter entre deux univers se nourrissant pour l’éternité de la chaleur accablante dégagée le jour et la fraîcheur éphémère des averses générées en fin d’après-midi ainsi que la nuit lorsque les orages éclatent autour de nous.
Partis de Mindelo l’après-midi du vendredi 2 novembre, nous mouillons l’ancre 17 jours plus tard dans les fonds vaseux de la Bahia de Todos os Santos, à 30 mètres du Forte de São Marcelo. Tout est calme, c’est le crépuscule. Seules les pétarades des fusées d’artifice annonçant l’arrivée d’un des concurrents de la Transat Jacques Vabre viennent troubler cette quiétude.
Nous sommes aux portes d’un pays qui doit sa richesse grâce à la diversité de sa climatologie, sa biogéographie, son peuple et son histoire rejoignant également la nôtre. Un mythe, un continent : le Brésil, Salvador sont là à bout de bras. Terminus, tout le monde descend ! Fin de la première partie de ce voyage. En route pour une escale d’une durée estimée à 4 mois. Je compte les mettre à profit afin d’explorer l’intérieur des terres, le temps d’oublier temporairement les embruns et le vent du large avec en point d’orgue de ce séjour, la découverte de la Chapada Diamantina ou, pour mieux situer le contexte, un périple sur la piste des chercheurs d’or et de diamants du XIXe siècle. Cependant, je dois d’abord tenir la promesse de raconter Salvador, cette ville tentaculaire, bruyante, engorgée par les véhicules crachotant des bouffées de gaz, mais combien attachante par la nature toute pétillante d’humour et de spontanéité de ses habitants. AUSTRALIS à Salvador. |
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